Etiquetage viande : lettre ouverte au Commissaire européen chargé de la protection des consommateurs

Etiquetage viande : lettre ouverte au Commissaire européen chargé de la protection des consommateurs

10/10/13 – Les grandes inquiétudes soulevées par la volte-face des services dirigés par le Commissaire européen chargé de la protection des consommateurs, Tonio Borg, remettant en cause son engagement d’étiqueter la viande entrant dans la composition des plats préparés me pousse à intervenir : je lui adresserai dès demain par voie de presse cette lettre ouverte à laquelle sont en train de s’associer plusieurs de mes collègues députés européens.

 

10 octobre 2013

Lettre ouverte à Tonio Borg, Commissaire européen à la santé

 

Monsieur le Commissaire,

 

Gros temps pour la Commission européenne.

Alors que la majorité de la classe politique est confrontée à l’effroi que provoque le naufrage de clandestins au large de Lampedusa, exacerbant partout les extrémismes déjà forts, nous apprenons que la Commission européenne donnerait une nouvelle fois cette semaine aux Européens des raisons d’ébranler leur confiance.

Pouvez-vous Monsieur le Commissaire nous confirmer que, contrairement à l’engagement que vous avez pris, vous seriez sur le point d’enterrer la possibilité de mentionner l’origine des viandes dans les plats préparés?

Nous, parlementaires, élus au suffrage universel direct, nous sommes garants du respect des attentes des Européens. Et leurs attentes en matière de sûreté alimentaire sont légitimes et non-négociables.

L’Union européenne s’honore d’offrir à nos concitoyens un niveau élevé de qualité et de protection sanitaire capable de la distinguer dans le monde entier : par une mesure allant à l’encontre de ce principe, quel message voudriez-vous adresser aux Européens, aux observateurs internationaux ?

Car il s’agit bien sûr aussi de l’image de la qualité de nos produits et donc de l’équilibre de nos filières agro-alimentaires dont on connaît la fragilité. Si de telles inquiétudes sur la qualité de nos produits survenaient, ce sont bien nos producteurs, nos agriculteurs qui seraient directement pénalisés.

Par notre travail nous respectons au quotidien le rôle de la Commission européenne, dans le cadre d’une coproduction législative constructive et concertée avec comme seul cap la protection de l’intérêt des Européens.

Revenir sur l’étiquetage de l’origine de la viande serait un coup porté à cette confiance tissée à double niveau : c’est tout autant un symbole qu’un choix politique que nous nous refusons d’accepter. Une fois de plus, serait une fois de trop.

 

Agnès Le Brun

Député européen

Membre de la Commission de l’agriculture